30.08.2010

Le patrimoine pris en otage ou en mouvement ?

Densification Lorraine Berne.jpgTant que nous n’arriverons pas à débloquer la crise du logement, le patrimoine sera le théâtre de multiples pressions. La révision de la Loi sur les surélévations l'a bien démontré (…)

Curieusement l’argument tabula rasa refait surface au nom des contingeances ou des nécessités. Comme si l’histoire (notamment celle de l’architecture) était réduite au silence…

Autre réaction, la menace d’un référendum sur le projet de déclassement des Cherpines/Charottons. On n'attend même pas le résultat du concours d’urbanisme et la méfiance (orchestrée par les politiques) prend le dessus.

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01.03.2010

Au-delà des frontières suisses

heimatschutz revue mars 10.pngElles - les frontières - ne sont que traits sur une carte et formalisent des systèmes de gouvernance, fermeture ou ouverture?

Le prochain numéro de la revue nationale de Patrimoine suisse traite du thème «Au-delà des frontières suisses»  et tente de démontrer, à travers quelques exemples, les vertus d'une coexistence avec nos voisins français, allemands, autrichiens et italiens.

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20.10.2009

Le XXe siècle genevois en 14 promenades

xxe siecle patrimoine suisse genève.jpgPatrimoine suisse Genève célébrait en 2007 ses cent ans. Ce siècle coïncide également avec un siècle de profondes transformations sur le plan architectural et urbanistique. Ville de près de 100’000 habitants en 1900 – au centre d’un canton encore agricole – Genève est devenue une agglomération transfrontalière et internationale de plus de 800’000 habitants en l’espace d’un siècle seulement.

Patrimoine suisse Genève a donc décidé d'en garder une trace en publiant un ouvrage de référence. XXe, un siècle d’architectures à Genève en 14 promenades, près de 400 édifices recensés et 512 pages richement illustrées. Le livre-événement de Patrimoine suisse Genève paraît en novembre aux éditions Infolio

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19.04.2009

Avez-vous croisé un architecte cantonal ?

A Genève ? Vous plaisantez ! Vous savez bien que cette région de la Suisse est un peu spéciale, on y a de la peine à reconnaître les compétences locales. Il faut toujours aller chercher ailleurs… Il faut dire que les décideurs passent un temps fou à discuter de ce qui pourrait empêcher l’acceptation de projets ou la sauvegarde d’ensemble urbains remarquables.
Vous connaissez l’expression «pesée d’intérêts»? Comme le disait dernièrement Bernard Attinger (ancien architecte cantonal du Valais) «on peut toujours interpréter les lois et les règlements dans le sens le plus restrictif pour essayer de voir comment empêcher les choses, quel est le défaut.» Sauvegarder, restaurer, transformer, développer, construire… ces mots deviendraient-ils suspects? Ou est-ce l’absence d’une culture architecturale et patrimoniale, dans le débat politique, qui hypothèque plusieurs projets genevois ? Quelques exemples:

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25.03.2009

MAH: Patrimoine suisse Genève met les points sur les i

mah nouvel.jpgL’article publié le lundi 16 mars 2009 par la Tribune de Genève incite Patrimoine suisse Genève à préciser plus fermement sa position sur l’avant-projet d’agrandissement du Musée d’art et d’histoire. Elaboré en 1998, suite à un appel d’offres lancé par la Ville de Genève, ce projet prévoit d’occuper totalement l’espace de la cour intérieure du bâtiment par de grands plateaux d’acier ancrés dans les murs de ses façades avec une ample surélévation, couronnée d’un large avant-toit, pour abriter un restaurant panoramique.

Le Musée d’art et d’histoire de Genève, construit par l’architecte Marc Camoletti et inauguré en 1910, n’a jamais fait l’objet d’un entretien sérieux ni de mesures conservatoires adéquates. Consultée en 2007, Patrimoine suisse Genève (Société d’art public) a remis un rapport d’évaluation (consultable sur le site www.patrimoinegeneve.ch) à la Ville de Genève et à la «Fondation pour l’agrandissement du Musée d’art et d’histoire». Par ailleurs, pour assurer l’intégrité de ce monument, témoignage historique de l’architecture des musées, notre association a déposé le 2 avril 2008, auprès du Conseil d’Etat, une demande de classement de cet édifice qui constitue un élément majeur du patrimoine genevois.Le Bureau de Patrimoine suisse Genève

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04.03.2009

L'exemple vient du Vorarlberg

 

J'ai visité la région du Vorarlberg en été 2006. Je n'ai jamais vu une région aussi riche en expérience d'architecture et de patrimoine. Une vraie mouvance relationnelle entre architecture/construction. Charpentier, architecte, élus, artistes se regroupent pour promouvoir un urbanisme simple et intelligent, une production résolument contemporaine de qualité...

La population semble avoir assimilé une vraie culture patrimoniale et architecturale, dans une région touchée par des problèmes analogues aux nôtres.

Je vous laisse découvrir la petite vidéo faite par des français à propos de cette expérience. Presque tout ce qu'on aime !  L'ancien et le moderne qui dialoguent... et se mettent en situation de « sympathie ». Des modèles que l'on aimerait voir plus souvent chez nous où règne majoritairement, malheureusement, le pastiche ou le faux-vieux.

Le film "Vorarlberg, une provocation constructive" a été réalisé par le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement de l'Isère, à l'occasion de l'exposition Une provocation constructive, à Grenoble.

Marcellin Barthassat

23.12.2008

Bons points pour le projet d'agglo

genève vu du salève patrimoine ge.jpgA l’heure ou la Confédération note très positivement le projet d’agglomération franco-valdo-genevois, il n’est pas inutile de dire que Genève et la région retrouve une «vision» que nous avions souhaité lors de la législature 2005-2009 (cf. «L’appel au Gouvernement genevois des associations du patrimoine et de l’environnement» 9 décembre 2005 sur notre site www.patrimoinegeneve.ch).

Trois volets caractérisent le projet agglo 2007 : urbanisme, mobilité et paysage. Cette combinaison originale (et semble-t-il unique en Suisse) a bien été reçu à Berne. Avec une forte préoccupation sociale notre agglomération a obtenu la meilleure évaluation. C’est un signe d’encouragement et de synergie qui augure d’une intéressante perspective d’aménagement urbain et du paysage.

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08.10.2008

Le recours: quand l'écoute n'est plus active

Par Marcellin Barthassat, président de Patrimoine Suisse Genève. Editorial du journal Alerte no 106 septembre 2008

alerte patrimoine recours.pngTout projet doit être capable de se saisir des critiques, du caractère et des contraintes du lieu qui l’accueille. Il peut ainsi évoluer, dans sa formulation programmatique, dans son insertion, dans son organisation spatiale ou dans son vocabulaire. C’est la condition de son acceptabilité. Tant que le débat a lieu on peut dire que la démocratie joue son rôle. Malheureusement cette conscience culturelle est peu reconnue, elle n’a bien souvent tout simplement plus sa place. Le recours intervient donc en dernière extrémité, lorsque les parties ne s’écoutent plus ! Dans la plupart des cas, l’opposition entre droit environnemental et projet de développement résulte d’une prise en compte insuffisante du contexte, de l’histoire, du site et de l’environnement.

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22.02.2008

Musée d’art et d’histoire: non au projet Nouvel!

 

Avant tout, Patrimoine suisse tient à souligner que nous reconnaissons sans réserve les besoins respectables du Musée d’art et d’histoire et la nécessité d’augmenter les surfaces dédiées à l'exposition des collections. D’autre part, les auteurs du «Plan directeur du Musée d’art et d’histoire» comme ceux de l’«Avant-projet de restauration et d’agrandissement du musée» reconnaissent l’importance patrimoniale du bâtiment inauguré en 1910.



Le musée Charles-Galland est la pièce maîtresse d’un ensemble urbain unique compris entre la partie haute de la Vieille-ville et le plateau des Tranchées. L’histoire a doté ce site d’une topographie, sur deux niveaux, exceptionnelle à Genève. Tout le bâti joue de ce dénivelé et Marc Camoletti, architecte concepteur du musée, tire très habilement parti de ces spécificités topographiques. Il amarre le bâtiment du musée, «quatre ailes autour d’une cour carrée », par une aile monumentale, dominée par un corps central, à la promenade de l’Observatoire.



A ces qualités conceptuelles et typologiques s’ajoutent d’indéniables qualités matérielles. Dès la première phase de chantier, le Conseil administratif signalait que le musée «par ses proportions et son style réalise le plus grand effort architectural accompli dans notre pays depuis la construction de la cathédrale Saint-Pierre».



Cette architecture est mise en valeur par un remarquable travail de la lumière naturelle. Le vestibule éclairé bilatéralement en offre peut-être la meilleure expression: sans le jour naturel provenant des grandes baies sur cour, le bel escalier baroque perdrait une grande partie de sa magie, mais c’est surtout l’ensemble du dispositif spatial qui perdrait sa lisibilité. C’est précisément la cour du musée, conçue par Marc Camoletti, qui joue un rôle essentiel tant dans la lisibilité du parti architectural et spatial que dans le concept d’éclairage.



Le Musée d’art et d’histoire est aujourd’hui presque centenaire. Il n’a connu aucune transformation majeure jusqu’ici. Cette cohérence architecturale est malheureusement devenue rare de nos jours et même exceptionnelle.



Le plan directeur, soumis aux bureaux d'architectes, lors du concours en 1998, ne fait aucune allusion à la situation légale existante. Le bâtiment du musée se trouve au cœur de la zone protégée et plus particulièrement de la zone sud des fortifications qui est régie par un certain nombre de règles constituant le cadre de sa protection et précisant en particulier que les gabarits doivent être respectés. (voir la loi sur les constructions et installations diverses).



Le projet prévoit une surélévation de 2 niveaux au dessus des toitures et verrières existantes impliquant une dérogation de la loi. Les toitures du musée seront donc complètement bouleversées.



Dans la vision générale de la ville, depuis le lac, les quais ou autres points de vue, la silhouette de la colline historique est dominée, nuit et jour, par la cathédrale. Il serait inconvenant que cette prééminence soit remise en question par un volume dont l’unique raison d’être est d’abriter un restaurant panoramique.




Qualités et défauts du projet


Plusieurs composantes du nouveau programme contribuent à augmenter, dans une certaine mesure, les surfaces nécessaires à une meilleure mise en valeur des collections. Il est à l’évidence judicieux de récupérer des surfaces importantes sous les niveaux actuels en excavant la cour et le passage qui relie les deux boulevards. Il en est de même pour les locaux de dépôts qui sont libérés et deviennent lieux d’exposition.



Nous saluons la volonté de rétablir les espaces des salles du rez inférieur selon les divisions d’origine et de réaffecter les grandes salles du rez supérieur à l’exposition des collections permanentes, avec les éléments nécessaires pour un accueil de qualité. De même nous reconnaissons l’intention de tirer parti des sources de lumière naturelle, les baies des façades et les verrières des toitures.



Cependant, la composition d'ensemble de l’édifice ne peut pas être bouleversée sans risquer d’aboutir à une banalisation intérieure et à une incohérence des circulations et des rapports entre les espaces. Il faut prendre clairement conscience que le bâtiment impose des limites au programme d’extension des surfaces.

 



L’occupation de la cour, telle que proposée, n’est pas admissible, car elle va anéantir cet espace intérieur qui est le centre de la composition. La superposition des « plateaux » d’une épaisseur considérable, et sans la moindre transparence, empêchera toute perception de l’espace et de l’architecture. La lumière naturelle, réduite à sa plus simple expression, ne jouera plus jamais le rôle qui est le sien depuis l’origine. Indépendamment des solutions techniques qui portent une atteinte irrémédiable à l’édifice (encastrement des piliers dans les façades, etc…), il s’avère que le patrimoine n’est pas respecté et que le vide de la cour ne peut pas être tout simplement «rayé de la carte».



Il faut relever que, dans d’autres édifices, l’occupation d’une cour de musée avec une couverture transparente comme lieu d’exposition a modifié la perception de l’espace, mais sans empêcher la lecture de l’architecture. La cour, couverte ou non, garde sa fonction spatiale pour l’édifice, peut devenir un espace pour des manifestations éphémères et demeure un lieu de vie privilégié au cœur de la ville.

 

Autres solutions possibles



Nous sommes convaincus que plusieurs autres alternatives existent, mais n’ont pas été exploitées. Ainsi, la possibilité d’utiliser la cour de l’ancienne école des Casemates et le passage Burlamacchi, dont la surface disponible est considérable, l’implantation d’une extension sur la parcelle de l’Observatoire ou encore l’étude d’une réaffectation de l’Ecole des beaux arts (moyennant son relogement dans des espaces mieux adaptés).



Le projet d’agrandissement ne peut se faire au détriment de ce patrimoine singulier que représente le bâtiment conçu par Marc Camoletti et nous regrettons ce manque d’investigation comme nous déplorons la frilosité des autorités qui n’ont pas envisagé ces pistes.



L’application des principes des chartes internationales de la restauration doit être garantie, celles-ci prévoient des dispositions claires lorsqu’il s’agit d’ajouter des éléments nouveaux dans des situations construites ayant une importance patrimoniale majeure. Le cas du Musée d’art et d’histoire pourrait être, à cet égard, exemplaire tout en atteignant les objectifs de surfaces dont le musée a besoin.


Patrimoine suisse Genève
Genève, vendredi 15 février 2008

 

Pourquoi notre conférence de presse du 15 février?

Dans le cadre de la relance du projet de restauration et d’agrandissement du Musée d’art et d’histoire nous avons été amenés à donner un avis sur l’impact du projet Nouvel/Jucker auprès de la Ville de Genève et de la Fondation pour l’agrandissement du musée. Un rapport a été rendu en novembre 2007 et le département des affaires culturelles de la Ville de Genève a initié des rencontres entre l’autorité municipale, la Fondation et Patrimoine suisse.


Un embargo de ces pourparlers avait été convenu entre les parties afin de ne pas compromettre un possible aboutissement d’une négociation du projet. L’objectif étant de faire évoluer le projet dans le sens, d’une part d’un plus grand respect du patrimoine de l’édifice, d’autre part d’un agrandissement compatible avec la nature du musée.



Or, à la fin 2007 et en janvier de cette année, la Ville de Genève et la Fondation ont informé le public, par voix de presse, du projet d’agrandissement alors que les discussions sur la révision du projet Nouvel/Jucker sont en cours. La close de discrétion n’ayant pas été respectée par les autorités et la Fondation, nous estimons qu’il est de notre devoir de donner les éléments d’un rapport critique au projet présenté. C’est la raison de notre conférence de presse du 15 février. Nous pensons que cette situation nous met dans une situation grave pour ce bâtiment parmi les plus remarquables de Genève.



Il est aussi à relever que notre association n’avait pas réagit lors du concours de 1998 puisque très vite les autorités de l’époque avaient gelé le projet d’agrandissement, et donc ne l’avait soumis ni à l’autorité législative de la Ville ni à une procédure d’enquête publique.

03.01.2008

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