23/12/2008

Bons points pour le projet d'agglo

genève vu du salève patrimoine ge.jpgA l’heure ou la Confédération note très positivement le projet d’agglomération franco-valdo-genevois, il n’est pas inutile de dire que Genève et la région retrouve une «vision» que nous avions souhaité lors de la législature 2005-2009 (cf. «L’appel au Gouvernement genevois des associations du patrimoine et de l’environnement» 9 décembre 2005 sur notre site www.patrimoinegeneve.ch).

Trois volets caractérisent le projet agglo 2007 : urbanisme, mobilité et paysage. Cette combinaison originale (et semble-t-il unique en Suisse) a bien été reçu à Berne. Avec une forte préoccupation sociale notre agglomération a obtenu la meilleure évaluation. C’est un signe d’encouragement et de synergie qui augure d’une intéressante perspective d’aménagement urbain et du paysage.

La ville en tâche d’huile ou le scénario «laisser faire» constitue une solution par défaut qui crée un territoire à étages. La défense des espaces ouverts impliquera tôt ou tard de renégocier le développement de la ville sur elle-même, en particulier dans les zones peu denses ou faiblement utilisées. C’est le sens donné à l’initiative pour le paysage déposée en août 2008. Patrimoine suisse s’est impliqué, s’implique et s’impliquera encore sur les questions d’aménagement du territoire urbain et rural.

Nous reprenons au vol le titre du débat «Genève, ni provinciale ni mégalo ?» organisé récemment par la Classe industrie et commerce de la Société des Arts. Au delà des rituelles critiques (…) sur les mécanismes de blocage, la discussion a porté principalement sur les perspectives qu’offrent les chantiers d’études du projet d’agglomération franco-valdo-genevois, des plans d’aménagement concertés (Vergers à Meyrin, Chapelle-les-Sciers, Communaux d’Ambilly), du redéploiement du projet de La Praille.

Chacun de ces projets est une circonstance dont la complexité démontre la manière dont les composantes territoriales interagissent. Crise du logement certes, absence de vision peut-être, mais il serait improductif de ne pas reconnaître le travail et les efforts sur ce qui se fait réellement, sur ce qu’ouvrent les thèmes et les opportunités (enfin) des projets cités. Chacun d’eux représente un donné (contexte) et des potentialités identifiables. Leur acceptabilité dépend tant de la qualité que d’une démocratie du projet à inventer (voir Alerte de décembre 2008).

Sans naïveté ou optimisme exagéré, il me paraît convenable de relever ces perspectives crédibles du faire-territoire.

«Voyez-vous dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche: il faut les créer, et les solutions les suivent» (Saint Exupéry). C’est sous cet éclairage, que Patrimoine suisse Genève vous adresse ses meilleurs vœux pour la nouvelle année 2009.

Marcellin Barthassat
Président de Patrimoine suisse Genève

agglomération charpente paysagère.JPG

 

Plan paysage du projet d'agglomération F-V-G (source: cahier annexe 3 sur le site www. projet-agglo.org).

10:52 Publié dans Développement durable, Genève, Région | Lien permanent | Commentaires (3) | | |  Facebook

Commentaires

Ce qui est remarquable, néanmoins, c'est que Berne ait estimé que c'était à Genève d'assumer l'initiative et finalement la charge morale des travaux du prolongement d'une ligne de tramway de la frontière au centre d'Annemasse. C'est conseiller à Genève de développer en profondeur sa politique régionale, incidemment. De se comporter en capitale régionale, pour ainsi dire. Or, je ne suis pas persuadé que cela se fera tout seul.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/12/2008

Non bien sûr ! Il faudra pour cela changer de culture trop "cantonale" pour aller en direction d'un plan directeur outrepassant les frontières... La force du "projet d'agglo" réside dans l'ouverture à des thèmes nous permettant d'ouvrir le débat (substitution du trafic motorisé par la mobilité douce, paysage structurant l'urbanisation, sociabilité par l'espace public, symbolique du lieu pondérant le fonctionnalisme de la consommation, enjeux énergétique, la gestion de l'eau à ciel ouvert, etc.). La discussion doit s'installer, dans tous les milieux, la reconnaissance des pratiques de projet (dessiné) comme réponse au problème de la forme et du territoire, à toute les échelles. C'est un "processus" qui prendra du temps, certes, mais qui constitue une réponse plausible, durable et démocratique, un patrimoine en devenir qu'il nous faut fabriquer.
La complexité du nombre est le prix payer, nous n'en doutons pas, mais c'est notre condition contemporaine d'aujourd'hui avec laquelle nous devons vivre et construire.

Écrit par : Marcellin Barthassat | 23/12/2008

Oui, cela rappelle Jean-François Mabut évoquant James Fazy renversant les murs de Genève, à une époque où les communes catholiques se sentaient exclues de la vie politique du canton. Mais je rencontre encore des citoyens de ces communes qui disent que la Ville tire tout à elle. Je ne sais pas si on peut attendre des miracles. Mais enfin, il y a bien des évolutions.

Moi qui me situe plutôt sur le plan culturel, un tramway reliant Genève à Annemasse m'évoque Calvin réconcilié avec Michel Servet, qui a une statue à Annemasse, justement. Mais il faudrait en appeler au médiateur Castellion.

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/12/2008

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