25/03/2009

MAH: Patrimoine suisse Genève met les points sur les i

mah nouvel.jpgL’article publié le lundi 16 mars 2009 par la Tribune de Genève incite Patrimoine suisse Genève à préciser plus fermement sa position sur l’avant-projet d’agrandissement du Musée d’art et d’histoire. Elaboré en 1998, suite à un appel d’offres lancé par la Ville de Genève, ce projet prévoit d’occuper totalement l’espace de la cour intérieure du bâtiment par de grands plateaux d’acier ancrés dans les murs de ses façades avec une ample surélévation, couronnée d’un large avant-toit, pour abriter un restaurant panoramique.

Le Musée d’art et d’histoire de Genève, construit par l’architecte Marc Camoletti et inauguré en 1910, n’a jamais fait l’objet d’un entretien sérieux ni de mesures conservatoires adéquates. Consultée en 2007, Patrimoine suisse Genève (Société d’art public) a remis un rapport d’évaluation (consultable sur le site www.patrimoinegeneve.ch) à la Ville de Genève et à la «Fondation pour l’agrandissement du Musée d’art et d’histoire». Par ailleurs, pour assurer l’intégrité de ce monument, témoignage historique de l’architecture des musées, notre association a déposé le 2 avril 2008, auprès du Conseil d’Etat, une demande de classement de cet édifice qui constitue un élément majeur du patrimoine genevois.Le Bureau de Patrimoine suisse Genève


La Tribune s’est fait fidèlement l’écho de la «Fondation pour l’agrandissement du Musée» en affirmant que «l’extension du Musée d’art et d’histoire est désormais acquise» puisque les 40 Millions de francs permettant de construire enfin l’ «édifice de verre» dessiné par Jean Nouvel ont été récoltés. Le lendemain, Le Temps a modéré ces déclarations. Des oppositions à ce projet s’étant clairement manifestées, la Fondation confirme demeurer fermée à toute négociation infléchissant le projet vers une solution plus respectueuse du monument, considérant qu’il n’appartient qu’à la Ville de le faire évoluer (voir Le Courrier du 17 mars 2009).

Patrimoine suisse Genève tient aujourd’hui à confirmer qu’elle n’est nullement défavorable à un agrandissement du musée mais, en revanche, qu’elle est très fermement opposée à la solution proposée aujourd’hui.

La surélévation centrale, dépassant très largement le faîte des toitures, est non conforme à la législation en vigueur qui protège la Vieille-Ville et le secteur sud des anciennes fortifications et qui précise, en particulier, que les gabarits existants doivent être respectés. Quant à la construction, qui remplira la cour, elle portera une atteinte irrémédiable à un élément essentiel de l’architecture de ce monument.  L’apport de lumière naturelle et l’espace intérieur de la cour ne peuvent pas simplement être «rayés de la carte». Cette caractéristique forte et urbaine de l’édifice qu’est la cour intérieure doit impérativement être préservée.

Notre association a demandé aux autorités d’explorer d’autres alternatives en direction du passage Burlamachi, de l’Ecole des beaux-arts, du sous-sol de la promenade de l’Observatoire. Patrimoine suisse invite les autorités de la Ville de Genève à reconsidérer leur position et à explorer d’autres scénarios pour l’agrandissement du musée.

Le Bureau de Patrimoine suisse Genève

17:51 Publié dans Associations, Culture, Genève, Médias, Résistance | Lien permanent | Commentaires (6) | | |  Facebook

Commentaires

Où en est-on aujourd'hui de l'agrandissement de ce Musée?

Écrit par : téléphoner moins cher | 09/09/2010

Je ne suis pas loin de partager la position de patrimoine genève tout en voulant préciser que le projet nouvel n'est que l'arbre qui cache la forêt, en tout cas pour les gens à l'extérieur. Oui protéger l'intégrité d'un site est noble, mais cette volonté doit s'accompagner de la nécessité de préserver ceux qui ont fait la vie de ce musée jusque-là. La restructuration en terme de ressources humaines est le préalable à ce projet et elle prend des formes non admissibles dans une démocratie. Les corps de métier sont distordus, les employés sont mis à mal quand ils ne sont pas écartés au nom du remodelage du musée en une entreprise mi privée mi publique cette part de l'institution se réduisant à une peau de chagrin dans les contours d'une gestion capitaliste où la culture deviendra produit de consommation, où la notion de profit déterminera les projets, où le clinquant remplacera l'exploitation et la mise en valeur du patrimoine conservé. Quelques-uns ont cédé à l'appel des sirènes, d'autres appeurés par une opposition pouvant se solder par des licenciements. Le métier de conservateur est en train de disparaître sous l'écran de fumée du déclassement soit-disant nécessaire pour réaliser des économies; des métiers sont rebaptisés pour permettre la modification vers le bas de la charge, exemple la fonction d'assistant conservateur qui se meut en attaché de conservation, en quelque sorte des conservateurs au rabais puisqu'ils seront en charge des collections.. celles-ci n'ont plus guère d'importance, juste prétexte à une enveloppe de prestige et preuve en est la suppression d'un faire-valoir important de ces collections, le laboratoire d'analyse et de conservation l'un des plus importants de suisse (il en existe deux).
Il y a d'autres abus mais cela ne semble interpeller personne et adminstrativement parlant, il semble ne plus y avoir d'arbitrage. La question d'une plus grande autonomie des RH Ville par rapport aux départements se voit mise en exergue si l'on fait le bilan de cette magistrature aveugle contre laquelle aucun n'ose se dresser.
Quel gâchis!

Écrit par : jasmine | 03/01/2011

Merci de votre commentaire et mise en garde Jasmine, Patrimoine suisse ne cédera pas aux décisions actuelles des autorités de la Ville. Voyez notre nouvelle prise de position transmise au médias lors d'une conférence de presse du 3 mars 2011. Voir également sur notre blog le schéma d'extension du Musée que nous proposons. Cordialement. MBA

Écrit par : Marcellin Barthassat | 04/03/2011

Merci de votre commentaire et mise en garde Jasmine, Patrimoine suisse ne cédera pas aux décisions actuelles des autorités de la Ville. Voyez notre nouvelle prise de position transmise au médias lors d'une conférence de presse du 3 mars 2011. Voir également sur notre blog le schéma d'extension du Musée que nous proposons. Cordialement. MBA

Écrit par : Marcellin Barthassat | 04/03/2011

j'ai pris connaissance de votre nouvelle prise de position et suis rassurée de savoir que patrimoine suisse ne cédera pas aux décisions actuelles des autorités de la Ville. A ce sujet, celle-ci est-elle tout entière acquise à ce projet?
Cordialement.
Jasmine

Écrit par : jasmine | 27/03/2011

A titre d'information, j'avais eu, dans une situation précise, l'occasion d'exprimer des idées sur l'agrandissement du musée et j'avais suggéré que l'on utilise la butte de l'Observatoire en l'exploitant en sous-sol pour la présentation des collections d'archéologie, au moins l'archéologie locale. J'avais à l'esprit la belle réussite qu'est le musée gallo-romain de Fourvières à Lyon qui propose un parcours de haut en bas, du rez-de-chaussée au troisième sous-sol avec vue sur le théâtre romain.
On m'a rétorqué que ça serait jamais accepté car il faudrait couper des arbres...
Qu'en est-il de cette éventuel obstacle pour votre projet?
Cordialement

Écrit par : jasmine | 27/03/2011

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