01/03/2010

Au-delà des frontières suisses

heimatschutz revue mars 10.pngElles - les frontières - ne sont que traits sur une carte et formalisent des systèmes de gouvernance, fermeture ou ouverture?

Le prochain numéro de la revue nationale de Patrimoine suisse traite du thème «Au-delà des frontières suisses»  et tente de démontrer, à travers quelques exemples, les vertus d'une coexistence avec nos voisins français, allemands, autrichiens et italiens.


La section genevoise de Patrimoine suisse est très active dans le débat sur le développement de la région franco-valdo-genevoise. Outre le deuxième appel qu'elle a lancé avec ATE, Pronatura et WWF en décembre 2009 au nouveau Conseil d'Etat, plusieurs de ses représentants, au sein de la Commission d'aménagement du territoire (CAT) et de la Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS), contribuent à la définition d'un environnement naturel et construit équilibré (www.patrimoinegeneve.ch). Car l'avenir se joue dans une dimension dix fois supérieure à la superficie cantonale (245 km2) avec nos amis français et vaudois.

Quel patrimoine, mais aussi quels territoires pluriels lèguerons-nous aux générations à venir ?

Cet enjeu ne signifie pas qu'il faille se limiter à une stricte conservation du patrimoine paysager, mais invite plutôt à réinventer des relations entre urbanisation, patrimoine et paysage.

Aujourd'hui, l'échelle des projets d'aménagement coordonnés de l'agglomération (PACA) ouvre de nouvelles perspectives sur la question de la transformation territoriale.

braillard 1936.pngDepuis le plan Braillard de 1936, Genève n'avait pas connu une telle synergie de projets en cours; presque trente équipes sont à l'œuvre à l'échelle de la région. La référence explicite au «maillage vert» remet à l'ordre du jour l'idée d'un renouveau entre la ville et la campagne, cette dernière pouvant être comprise comme une «nouvelle monumentalité de la ville». Le Plan paysage du schéma d'agglomération devient l'idée régulatrice du plan régional.

La superposition de composantes ou entités telles que relief, hydrographie, végétation, réseau, parcellaire et bâti suggère une attitude plus dialectique de la transformation. Enfin, les différents processus en place pourraient s'élargir en direction d'un «contrat social» autour des multiples projets territoriaux initiés. C'est là certainement une des bonnes manières de dépasser les effets des frontières ! Autrement dit, les implications politiques de tout projet d'urbanisme rendent nécessaires et utiles des discussions transversales pour engager des modifications de qualité attendues.

Marcellin Barthassat, architecte, président de Patrimoine suisse Genève

 

vue aérienne de l'autoroute Bardonnex.png

 

Les commentaires sont fermés.