30/08/2010

Le patrimoine pris en otage ou en mouvement ?

Densification Lorraine Berne.jpgTant que nous n’arriverons pas à débloquer la crise du logement, le patrimoine sera le théâtre de multiples pressions. La révision de la Loi sur les surélévations l'a bien démontré (…)

Curieusement l’argument tabula rasa refait surface au nom des contingeances ou des nécessités. Comme si l’histoire (notamment celle de l’architecture) était réduite au silence…

Autre réaction, la menace d’un référendum sur le projet de déclassement des Cherpines/Charottons. On n'attend même pas le résultat du concours d’urbanisme et la méfiance (orchestrée par les politiques) prend le dessus.


Notre association vit dans un contexte toujours plus difficile, polymorphe, contradictoire ou confus. Chacun d’entre nous se rend bien compte des multiples tensions auxquelles sont soumis villes, bourgs et villages, des différentes manières possibles d’habiter ou de vivre ensemble. Le patrimoine est souvent pris en otage. On le représente comme un facteur de contrainte, trop rarement inscrit dans une dynamique de projet (rapport ancien/nouveau).

Il est évidemment plus commode de reporter les responsabilités de cette situation de blocage sur un phénomène de genferei ou neinzager pour occulter ses origines réelles. Pire encore, les exacerbations qui ont cours, fruit souvent d'une méconnaissance des fondements de projet, créent une perte de confiance chez les protagonistes qui œuvrent sur des projets sincères dans ce canton.

Dernier exemple en date: la polémique sur le secteur des Cherpines/Charottons dans la plaine de l’Aire et la menace d’un référendum sur le projet de déclassement. On n'attend même pas le résultat du concours d’urbanisme et la méfiance (orchestrée par les politiques) prend le dessus. Comment voulez-vous travailler dans ces conditions, Mesdames et Messieurs les élus ?

Avant de s’acharner sur quelques toitures, sur les surélévations d'ensembles du XIXe ou des densifications à l’intérieur de cours/squares des quartiers denses, penchons-nous plutôt sur la même «carte des potentialités de développement» et construisons une alliance durable entre les forces créatrices, voire même... convenons d’un pacte de non-belligérence entre les différents milieux concernés.

Pour ce qui concerne Patrimoine suisse Genève, avec le WWF, Pronatura et l’ATE, nous nous sommes positionnés très précisément. Notre «Appel au gouvernement genevois» pour la législature 2009-2013 témoigne à cet égard d'une vision commune à ces associations actives à Genève .
Le projet consiste aussi à établir un état des lieux: partir de ce qui existe pour imaginer sa transformation. Comme dans ce «futur antérieur» qui nous est donné à voir notamment par les cartes (voir l’Atlas du territoire genevois). On peut imaginer la transformation de la ville sur les 230 hectares du secteur Praille-Acacias-Vernets, comme un «patrimoine en mouvement», c’est à dire comme une forte potentialité d’engager le projet maintenant à l’instar du «Plan guide de Nantes», simple, clair et facile à comprendre.

Convenir culturellement, socialement, économiquement et démocratiquement, c’est aussi travailler des projets suivant des «processus ouverts» qui offrent des possibilités d’ajustement ou permettent de négocier des marges d’évolution en invitant l’autre à entrer dans le projet. A cet égard, les trois «conversations» avec Alexandre Chemetoff et ses invités, organisées par la Maison de l’architecture et la Ville de Genève ont été d’un intérêt certain .

Dans ce vaste champ des territoires urbanisés/urbanisables notre siècle devra inventer, discerner ou négocier de nouveaux équilibres: qu’est-ce qu’on garde, qu’est-ce qu’on enlève, qu’est-ce qu’on ajoute ?

A cela pourrait s’ajouter une autre question : « comment organise-t'on le retour de la ville en ville ? »  Trois exemples suisses ci-dessous: 1) le quartier Lorraine à Berne, 2) bienne, 3) Huhlmann Zurich

Marcellin Barthassat
Président de Patrimoine suisse Genève

Densification Lorraine Berne.jpg

 

Densification Bienne.jpg

 

Densification Huhlmann Zurich.jpg

14:57 Publié dans La ville en ville | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : urbanisme, cherpinescharotton, lorraine, surélévation | | |  Facebook

Commentaires

Madame,

Je suis professionnel de la construction depuis plus de 30 ans.

Je ne comprends toujours pas la politique de vos associations et de la CMNS genevoise.

Passablement de confusions sont à percevoir entre l'ancien et le nouveau, ainsi que le nouveau (contemporain) construit avec des matériaux ancien (du siècle passé).

Les protecteurs du patrimoine ne sont plus compris par la majorité de la population et les politiques, c’est normal! Car vous imposez une architecture incohérente, dépassée rapport aux nouvelles techniques (énergie solaire pour exemple).

Trop souvent nous rencontrons des experts des patrimoines ayant des méconnaissances dans les techniques de construction et n’adaptant pas les matériaux de notre temps.

Sans compter les horreurs construites ces dernières années aux centres des si beaux villages Genevois ou de la ville.

Bien entendu ces horreurs ont souvent été imposées par vos associations ou tout au moins acceptées.

Parler d’intégration de bâtiment et du respect du patrimoine c’est bien entendu parler d’émotion, d’harmonie et de respect au droit visuel.

Trois points essentiels qui n’ont pas été respectés:

Pour quelques exemples:
-ce magnifique « bunker, vert militaire » en haut du boulevard du pont d’Arve (l’architecte était pas moins le président de la CMNS ???),
-« la verrue en cuivre » au centre des villas de Saconnex d’Arve,
-ou encore les futurs "bocaux de Troinex".
Et j'en passe!

Il y en a marre des "biques niques" de votre genre, qui se disent architectes et plus intelligent que les autres, qui se "masturbent" l’esprit dans des théories qui agacent les habitants.

Vous êtes en parfait décalage avec le respect du patrimoine, depuis que vous existez, vous avez fait plus de mal sur le paysage, que vous ne l'avez préservé.
Les anciens ont construit nos villages dans l'harmonie, le bien être, ou il y fait on vivre. Ils ont pas eu besoin de vos conseils.

Il est temps que les politiques vous recadrent

Bien à vous !

Écrit par : eric | 30/08/2010

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