24/11/2010

Genève, modèle pour la Suisse! Oui aux Cherpines

Genève vu du Salève Barthassat.JPGDans le débat qui aura lieu sur la votation pour l'initiative sur le paysage « De l'espace pour l'homme et la nature » Genève fait à nouveau exception. En effet, nous étions le seul canton en 1952 à classer nos espaces naturels et agricoles, ce qui nous vaut aujourd'hui une ville relativement compacte. En Suisse il a fallu attendre 1986 pour limiter l'étalement urbain par la loi sur l'aménagement du territoire. Aujourd'hui l'initiative nous invite à optimiser les zones constructibles pour soulager la pression sur les paysages.


Le déclassement du secteur des Cherpines dans la Plaine de l'Aire va dans ce sens dans la mesure où il colle à la couronne urbaine, ce qui était le principe admis par le Plan directeur cantonal adopté en 2001. On peut donc dire que même si Genève devait être soumise à un moratoire sur ses déclassements - au cas où le peuple suisse accepterait l'initiative sur le paysage - nous devrions alors négocier avec Berne pour un déclassement mesuré, adjacent à la couronne urbaine. C'est ce que propose la vision du projet d'agglomération transfrontalier qui a exploré par les PACAs les hypothèses de densification, des modes de déplacement et du projet paysager.

Nous devons effectivement assumer aujourd'hui notre part d'accueil logements/emplois à l'horizon 2030 convenus avec nos amis français et vaudois (cf. charte d'engagement signée en 2007). Ce qui implique d'atteindre une croissance annuelle de 2'500 logements par année et de coupler cette croissance avec des objectifs qualités.

Si nous le faisons bien, avec des quartiers durables et une offre importante en transport public, nous pouvons accepter le déclassement des Cherpines, demain à Bernex nord ou autres secteurs actuellement en projet. Si nous ne le faisons pas, alors le mitage du territoire continuera à déployer ses effets négatifs.

Pour le patrimoine du cœur de l'agglomération, la résolution de la crise du logement permettrait de soulager la pression très forte qui s'exerce aujourd'hui (en termes de surélévation ou de noyautage des cours) dans les tissus urbains de la 2ème et de la 3ème zone.

Le projet d'agglomération constitue à cet égard une approche innovante, son « plan paysage » est aussi une manière d'assurer à notre développement les règles nécessaires pour construire une métropole verte, durable, patrimoniale et multipolaire.

Marcellin Barthassat

La dernière livraison de la revue Patrimoine suisse / Heimatschutz est consacrée à l'initiative « De l'espace pour l'homme et la nature »

 

11:33 Publié dans Développement durable, Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : verts, initiative sur le paysage, cherpines | | |  Facebook

Commentaires

Bonjour Monsieur,

Le fonds de votre note est excellent... en revanche le titre est trompeur, tout comme l'introduction qui pretend que nous avons une ville compacte. Ces observations sont pertinentes seulement pour l'observateur qui se limite a observer dans les limites cantonales. La realite c'est qu'a force d'etre comptacte... la ville s'est etalee dans des proportions inconsiderees au dela de ses frontieres en y expulsant sa population faute de logements.

Le projet d'agglomeration est effectivement un model pour l'avenir.. il reste encore a le mettre en oeuvre ce qui n'est toujours pas le cas trois ans apres sa signature.

En revanche, l'urbanisation actuelle ne peut etre consideree comme un model. C'est meme une absurdite que de constuire une agglomeration en forme de saturne : en placant la campagne entre le centre ville et la peripherie. Cette disposition est tres jolie et agreable mais elle rend totalement infinancable le developpement d'un reseau de transport en commun performant, efficace et adapte aux besoins.

Sur le reste, je partage votre preoccupation. Votre note a le merite de rappeler a toutes les personnes preoccupees par l'environnement, la pollution et le trafic automobile des consequences sur l'environnement qu'aurait un refus de construire des logements aux Cherpines.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 25/11/2010

Merci Antoine Vieillard de votre réaction,

En effet, mon propos ne s'est pas étendu à la deuxième couronne (que l'on peut qualifier de conurbation) sur les piémonts du Salève et du Jura, voir également sur le Plateau des Bornes et dans le Haut-Chablais... Il serait trop long de nous livrer à l'exercice de l'analyse historique de ce qui a conduit à cette situation, que je déplore bien évidement. Le titre a été reformulé par J-F Mabut responsable de la plateforme/portail des blogs TdG. J'avais intitulé : L'urbanisme par le paysage ? C'est précisèment ce que nous tentons d'avancer dans le "Plan paysage" du projet d'agglomération. Le chemin sera long, trois ans n'est pas suffisant pour mesurer les premier effets. Mais le bousculement des mentalités genevoises (provoquée par le projet d'agglo que nous allons saluer demain au vernissage du livre qui lui est consacré et du grand prix d'urbanisme européen...) est déjà un premier résultat. Mais je vous l'accorde, l'entre deux franco suisse, ce suburbanisme... est évidement au coeur des enjeux d'aménagement actuellement en projet et en débat, c'est l'un des mérite du projet d'agglo... mais patience, ce projet n'est vieux que de trois ans !
Je dirai trois conséquences relativement mesurables depuis la signature de la charte d'engagement transfrontalière de 2007.
La première c'est que nous disons au genevois d'arrêter de tourner le dos à nos amis français et vaudois...
La deuxième est l'engagement d'un processus de coopération, avec toutes les limites qu'on y voit mais qui ont déjà un effet sur une culture urbaine en devenir.
La troisième et que le Conseil d'Etat a clairement pris position : la révision du Plan directeur cantonal à l'horizon 2012 sera fondé sur la dynamique de projet engagé par le projet d'agglo (plus de trente équipes de projeteurs durant deux ans sur les PACAs et leurs synthèse).
Ce dernier point est de grande importance car enfin Genève doit arrêter d'être ethno-centrée, non ? Mais vous en France aussi vous devez vous organiser en communauté urbaine unique pour être le pendant du Plan directeur genevois. Notre travail devra alors être celui d'établir des milliers de passerelles !
Il reste un gros bémol pour nous tous, c'est celui de la zone villa à laquelle personne envisage de la densifier et où le potentiel est certain (à Genève la zone villa représente 42% des surfaces urbanisées, et en France ?). Là on entre dans un autre débat, c'est celui de l'économie des sols et la nécessité d'une profonde discussion d'une redistribution des droit à bâtir. C'est ce que propose l'initiative *de la place pour l'homme et la nature", mais c'est aussi dans cette perspective que nous devons envisager des profondes mutations.

Avec mes cordiaux messages.
Marcellin Barthassat

Écrit par : Marcellin Barthassat | 26/11/2010

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