05/10/2012

Cornavin, Bel-Air, PAV: pourquoi Genève a tant de peine à construire une belle ville?

cornavin vu duciel.jpgDepuis de nombreuses années la gestion des espaces publics est devenue une préoccupation croissante, voir un enjeu majeur pour les collectivités. C’est un sujet qui appelle des réponses de plus en plus urgentes aux questions de la maîtrise morphologique, spatiale et multifonctionnelle de la ville. 

A Genève ont est surpris par l’écart entre des instruments sophistiqués d’aménagement (grande tradition d’urbanisme et de gestion du paysage, existence de nombreuses études) et les difficultés de réalisation (addition des contraintes), écart « technique » qui se superpose à un fossé d’incompréhension grandissant entre décideurs et usagers de la ville. Les récents rendez-vous manqués du réaménagement des places Cornavin et Bel-Air, ou de la création d’axes forts de transport public, font la démonstration d’un déficit certain de capacité des pouvoirs publics à fusionner contexte existant (dimension patrimoniale), conception d’aménagement (dimension spatiale), équipements et gestion des flux (dimension fonctionnelle). Voir Alerte N° 120


 

L’espace public agit à la fois comme un révélateur d’identité collective et comme pôle d’attractivité. Mais la multiplication (voire la surenchère) d’équipements publics (diversification des usages) fragilise ses qualités intrinsèques (potentiel d’appropriation par tout un chacun) découlant des rapports entre « espace plein » et « espace vide ». La ségrégation des affectations, par exemple, entre les différents modes de déplacement (MD, TP ou TIM), les infrastructures, les différents statuts réglementaires (zone piétonne, zone de rencontre ou zone 30), les politiques de stationnement, ou encore l’accessibilité aux commerces, sont autant de facteurs qui conditionnent fortement la conception et la mise en œuvre des programmes d’aménagement et, au bout du compte, la perception qu’ont les usagers des espaces urbains.

Musée art et histoire vu d'avion.jpg

Nous nous sommes donc posés quelques questions sur :

  • le primat du normatif en mobilité sur l’organisation/conception spatiale (transport public et espace rue)
  • l’état de vieillissement de plusieurs grands espaces majeurs de la ville (places de Neuve, Rive, Jargonnant, Treille, Rondeau de Carouge, etc.),
  • le rapport entre l’existant et les modifications fonctionnelles (places Cornavin et Bel-Air, route de Meyrin/Balexert),
  • la question des aménagements dans les centres historiques

Il y en a certainement beaucoup d’autre, comme par exemple la coordination des compétences canton/commune, la maîtrise foncière, les ressources pour s’assurer d’un véritable investissement qualitatif sur les aménagements extérieures, les modifications ou adaptations législatives pour considérer l’importance des espaces publics dans la LGZD, la LAT cantonale, la LPMNS, les normes de mobilité etc. Or les réalisations d’infrastructures d’ores et déjà engagées sont et vont être nombreuses (tram, renaturation de cours d’eau, CEVA). Il est d’autant plus urgent de satisfaire leurs exigences qualitatives et de cerner celles du développement urbain en général !

Voir Alerte N° 121

Nous proposons de prendre un peu de temps pour réfléchir et débattre de l’évolution et de la transformation des espaces publics de la ville. C’est pourquoi nous organisons, pour le 13 novembre 2012 à HEPIA un Colloque-débat

Il sera placé dans la perspective des importantes préoccupations conjoncturelles (nombreux plans de quartier, Plan directeur cantonal et projet d’agglomération franco-valdo-genevois) et il tentera de comprendre les situations conflictuelles qui se font jour à Genève lors de presque tous les « rendez-vous » de la ville avec son aménagement urbain. L’enjeu relève autant de la qualité à promouvoir que de l’acceptation des réalisations par une population certainement désireuse de valoriser son cadre de vie, de mieux vivre ensemble. Avec l’aide d’intervenants concernés, et  forts d’expériences reconnues. Ce colloque débat proposera une large réflexion sur les espaces ouverts dans leurs dimensions, à la fois spatiale, patrimoniale, novatrices, économique et social nécessaire à la ville du 21e siècle.

 

Pour le Groupe d’organisation de Patrimoine suisse Genève: Marcellin Barthassat

13:13 Publié dans Architecture, Développement durable, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

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